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Interview de Raphaëlle de Foucauld, membre du Groupe Croissance, conseillère conjuguale et familiale

Le Soir - 13 mars 2012 - «Il faut appeler un chat un chat»

 

Cinq questions à Raphaëlle de Foucauld, conseillère conjugale et familiale, membre depuis 10 ans de «Groupe Croissance », une asbl bruxelloise qui intervient en milieu scolaire.

 

Comment se déroulent concrètement vos interventions dans les écoles?

 

Nous venons à la demande des directions. On commence par expliquer la démarche au groupe, puis on sépare les filles des garçons, pour que la parole soit libérée. Sans les profs. Les jeunes ont besoin de parler avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas et qu’ils ne reverront jamais. Surtout, on appelle un chat un chat !

 

Quelle est généralement la réaction des élèves?

 

Ils ont énormément besoin de savoir s’ils sont « normaux. » Ils sont très demandeurs de pouvoir poser des questions. Même si l’on constate parfois de grandes différences au sein d’une même classe, où cohabitent des garçons à peine sortis de l’enfance et des filles qui sont déjà des femmes.

 

Quels sujets les préoccupent?

 

Cela dépend. Mais il y a des thématiques nouvelles qui apparaissent. Comme la pornographie. Avant, les jeunes devaient chercher ce type d’images. Désormais, avec Internet, les séries télévisées, etc., tout leur tombe dessus. Beaucoup de filles parlent désormais de fellation, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant. Elles se demandent si elles sont obligées de passer par là. Du coup, notre travail est d’expliquer qu’il faut respecter son corps et ne faire que des choses dont on a envie. Expliquer aussi que la pornographie est avant tout une histoire d’argent : quand on leur demande pourquoi ça existe, les jeunes répondent toujours la même chose : « pour nous apprendre ».

 

Est-il important de prendre en compte les différences culturelles?

 

Oui et non. D’un côté, il ne faut pas stigmatiser. Mais d’un autre, c’est vrai que cela peut provoquer des types de questions particulières. On est par exemple parfois confronté à de jeunes filles musulmanes qui s’interrogent par rapport à la sodomie, car elles ont entendu dire que c’était une manière de rester vierges avant le mariage. Si l’aspect religieux est important pour certains, nous prenons cela en compte.

 

À travers l’Ev(r)as, l’école ne se substitue-t-elle pas d’une certaine manière au rôle des parents?

 

Les parents sont en général extrêmement démunis face à l’éducation sexuelle. Ils ne savent pas comment s’y prendre. Du coup, ils projettent davantage leurs peurs que d’essayer de comprendre les bouleversements que génère la puberté. L’école a donc un rôle primordial à jouer.

 

Propos recueillis par M.Gs.

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